Poème
Vieillard tourné vers le passé
Alexander Androv
Traduit du bulgare · Старец, загледан в миналото
Lentement, si lentement s’entrelacent
la tresse de la beauté et la tresse de la vieillesse.
Claquent des sabots de paille,
grattent des pattes aux griffes encore cachées
jour après nuit à ta porte.
Ils jettent le voile de l’oubli,
souvenir sur le souvenir d’avant — son frère.
Lentement, si lentement le feu se consume,
nulle cendre ne craque pour enfanter la braise.
Les cheveux gris près de toi ne dorment pas.
Toute chose a deux visages au moins.
Chaque instant se tient en deux lieux au moins.
Deux larmes, comme des objets inutiles,
tombent sur les bougies éteintes.
Le silence s’entrelace au chant.
2009