Poème
Traître
Alexander Androv
Traduit du bulgare · Предател
Traître,
sois bon
et viens
chez moi,
sur ma tombe !
Ici t’attendent des fleurs
gorgées de mon sang.
Et le souvenir de moi,
que tu as oublié.
Viens me raconter
ce que tu as ressenti
quand tu l’as fait,
Traître,
qu’étais-tu pour moi ?
Un ami
ou simplement un compagnon de route ?
Un juge ou un pardon ?
Avions-nous quelque chose en commun
là où nous avons commencé ?
Ne te fâche pas
et ne maudis
ni toi-même,
ni moi
parce que
je t’ai trahi
moi aussi
en un autre temps.
Viens chez moi
dans le douillet
et chaud,
noir néant.
On est si bien chez moi !
Viens !