Alexander Androv
Poème

Portrait d’un homme que je ressens comme un petit prédateur

Alexander Androv

Première publication: 06.05.2010 · Photo: vladimircech / Freepik

Traduit du bulgare · Портрет на човек, когото усещам като дребен хищник

Il a chargé sur son dos
la couverture sale de son passé.
et ne sait comment la cacher.
Il se sert,
avec d’ennuyeux intervalles
entre les inspirations —
de mots transparents.

Avec des regards indécis
et des mains qui hésitent
en un geste incertain et
une molle poignée de main.

Une couverture sale
couvre ses épaules
avec les taches collées
des années d’avant —
imprégnée de l’odeur
des mensonges, des doutes,
des petits larcins
(d’attention
et d’œufs au poulailler),
cousue avec les fils
d’une ruse sournoise.

Une lumière sombre
jaillit de ses yeux.
Elle trahit de petits désirs,
un appétit de prédateur…
et la pleine certitude
que la petite proie
a besoin d’un petit prédateur.