La lumière à sept heures du matin, à huit heures du matin, à neuf heures du soir
Alexander Androv
Traduit du bulgare · Светлината в седем сутрин, в осем сутрин, в девет вечерта
J’regarde ce ciel-là devant moi
comme il me pousse à peindre
la lumière à sept heures du matin,
à huit heures du matin, à neuf heures du soir
Et que par ma porte ouverte
entrent les couleurs de l’instant
et les mots et la présence muette
de la gitane qui fouille dans les poubelles,
et la vitesse de la course
et le bruit des klaxons et du vent,
et la pluie et les gouttes
qui lavent les inscriptions dans notre cimetière,
et la voix profonde de
« L’Amour pécheur de Zakhari le peintre d’icônes »,
l’odeur de mes aisselles,
des larmes de tabac,
des larmes d’émotion,
les jeux d’enfants dans notre arrière-cour
(m’sieur, on peut ravoir le ballon ?),
et la lumière à huit heures du matin,
à midi pile et
à neuf heures du soir
et le frôlement des passants
avec un « pardon... » qui ne voit pas,
une odeur de thé
et le parfum de la fleur du tilleul précoce
et la couleur des branches en fleur
les fenêtres sales
dans ma ville sale,
et la lumière en moi le matin,
à midi pile
et à neuf heures du soir
comment peindre
ce ciel-là devant moi
que je regarde ?