Alexander Androv
Prose

Quelqu’un qui shoote dans les poubelles, qui shootent dans les chats, et les chats ne shootent pas

Alexander Androv

Première publication: 15.12.2013 · Photo: jeswin / Freepik

Traduit du bulgare · Някой, който рита кофите, а те ритат котките, а котките не ритат

Et ils s’arrêtèrent au milieu de la rue sombre,
l’un ivre, l’autre gros.

Qui nous a pris nos derniers sous ?
Le type du bar les a barbotés…
Sale pilleur de tombes…

On s’en roupille, des tambours.
On s’en roupille, des Roupilliciens de Brême.

Et il se mit à shooter dans les poubelles,
et les poubelles se mirent à shooter dans les chats.

Effet domino — clic.
Les chats, eux, ne shootent pas.
Ils se sont arraché un bout de pizza
et se sont planqués.

On roupille ici. On roupille l’ennui.
On s’en roupille, de l’ennui.

L’un grand et maigre, l’autre ivre.
L’un ivre, l’autre gros.

On trinque avec ce bout de pizza
en soutenant le feu rouge.

Qu’aucun chat ne nous coupe la route
et que le diable n’entende rien,
on a nos chances de conquérir le monde.

On écrira une grande chanson.
On écrira la plus grande des chansons.

Avec beaucoup de musique et de beaux mots.
Et on conquerra les chats.